La chambre mortuaire d'hôpital est le service hospitalier qui accueille le corps d'un patient décédé dans l'établissement, avant la mise en bière et les obsèques. Le séjour y est gratuit pendant les trois premiers jours suivant l'admission du défunt ; la famille garde le libre choix des pompes funèbres.
Trois jours gratuits, puis un tarif journalier
- Trois jours de séjour gratuit en chambre mortuaire, puis un tarif journalier fixé par l'hôpital.
- Le personnel ne peut recommander aucun opérateur funéraire : la famille choisit seule.
- Les visites se font sur rendez-vous, souvent du lundi au vendredi, parfois le week-end.
- Les obsèques ont lieu au plus tard six jours après le décès, dimanches et jours fériés non comptés.
Qu'est-ce qu'une chambre mortuaire à l'hôpital ?
La chambre mortuaire est un espace hospitalier réservé à l'accueil des corps des personnes décédées dans l'établissement. Elle dépend de l'hôpital, public ou privé, et non d'une entreprise de pompes funèbres. Le Code général des collectivités territoriales impose d'en disposer aux établissements de santé qui enregistrent un nombre annuel de décès supérieur au seuil fixé par décret (200 décès par an). Un centre hospitalier régional ou un CHU en possède donc presque toujours une, souvent située au rez-de-chaussée ou au sous-sol d'un bâtiment à l'écart des services de soins, avec une entrée distincte pour le transport de corps.
Il ne faut pas la confondre avec la chambre funéraire, aussi appelée funérarium, qui est gérée par un opérateur funéraire ou une commune et reçoit des défunts venus du domicile, d'un EHPAD ou d'une clinique. Les deux lieux se ressemblent, mais leur statut, leurs tarifs et leurs règles diffèrent : notre guide sur le fonctionnement d'une chambre funéraire et son coût détaille ce second cas.
Quel est le rôle de la chambre mortuaire ?
Le service de la chambre mortuaire assure la conservation des corps dans des cases réfrigérées, la préparation et la présentation du défunt à ses proches, puis sa remise à l'opérateur funéraire choisi par la famille. Les agents, souvent formés dans un institut de formation aux métiers du funéraire ou issus de l'équipe soignante, réalisent la toilette mortuaire et l'habillage avec les vêtements apportés par les proches.
La chambre mortuaire joue aussi un rôle administratif : elle vérifie le certificat de décès, tient le registre des entrées et des sorties, et prévient la famille si un obstacle médico-légal empêche la restitution du corps. Dans ce dernier cas, le défunt peut être orienté vers un service de médecine légale et le délai s'allonge. Les soins de conservation, réalisés par un thanatopracteur à la demande de la famille, peuvent se dérouler dans une salle dédiée de l'hôpital ; ils restent facturés par l'entreprise qui les pratique, comme l'explique notre page sur la thanatopraxie et son prix.
Comment se déroule la prise en charge après un décès à l'hôpital ?
Après le constat du décès par un médecin, le corps reste en principe environ deux heures dans la chambre du patient, le temps pour les proches présents de se recueillir. L'équipe du service prévient ensuite la famille, puis organise le transfert vers la chambre mortuaire par le personnel hospitalier, sans frais pour les proches.
Voici l'enchaînement habituel de la prise en charge :
- Constat et certificat de décès, établis par le médecin du service.
- Transfert du corps vers la chambre mortuaire, dans l'enceinte de l'établissement.
- Déclaration à l'état civil de la mairie du lieu de décès, souvent faite par le bureau des admissions ou par les pompes funèbres mandatées.
- Choix de l'opérateur funéraire par la famille, qui organise la suite : soins, mise en bière, transport et cérémonie.
- Départ pour sépulture ou pour crémation, après la fermeture du cercueil sur place.
Pour les pièces à fournir, gardez à portée de main le livret de famille et la carte d'identité du défunt : l'administration les demande pour l'acte de décès.
Quels sont les tarifs de la chambre mortuaire ?
Le séjour est gratuit pendant les trois premiers jours suivant l'admission du corps, lorsque le décès a eu lieu dans l'hôpital. Cette gratuité est prévue par le Code général des collectivités territoriales et s'applique aussi bien dans un CHU que dans un petit centre hospitalier. Au-delà, l'établissement facture un tarif journalier voté par son conseil d'administration ou sa direction ; il varie d'un site à l'autre et doit être affiché ou communiqué à la famille.
| Prestation | Qui la facture | Coût pour la famille |
|---|---|---|
| Séjour en chambre mortuaire, jours 1 à 3 | Hôpital | Gratuit |
| Séjour à partir du 4e jour | Hôpital | Tarif journalier fixé par l'établissement |
| Toilette et présentation du défunt | Hôpital | Généralement incluses |
| Soins de conservation | Opérateur funéraire | Sur devis |
| Transfert vers une chambre funéraire | Opérateur funéraire | Sur devis, sauf demande de l'hôpital |
Un point souvent ignoré : si l'hôpital demande lui-même le transfert du défunt vers une chambre funéraire, faute de place par exemple, les frais de transport et les trois premiers jours de séjour en chambre funéraire sont à sa charge. Si le transfert se fait à la demande de la famille, elle le paie. Les autres dépenses peuvent être couvertes par un contrat d'assurance obsèques, une mutuelle ou le compte bancaire du défunt, dans la limite prévue ; notre page sur les aides pour payer les frais d'obsèques fait le point.
Comment visiter la chambre mortuaire ?
Les proches peuvent voir le défunt dans un salon de présentation, une salle calme et sobre prévue pour le recueillement. La visite se fait le plus souvent sur rendez-vous, à prendre par téléphone au numéro du service ou auprès du standard de l'hôpital.
Quels sont les horaires d'ouverture ?
Les horaires d'ouverture changent d'un établissement à l'autre. Beaucoup de chambres mortuaires reçoivent les familles du lundi au vendredi, en journée, avec une permanence réduite le samedi. Le dimanche et les jours fériés, l'accès est souvent limité aux départs de convoi déjà programmés. Certains CHU ouvrent néanmoins les horaires de visite le week-end et les jours fériés sur demande. Consultez la page du service sur le site de l'hôpital ou appelez avant de vous déplacer.
Qui peut venir se recueillir ?
La famille et les proches désignés par elle. Un ministre du culte catholique, protestant, juif ou musulman peut être accueilli pour une prière ; certains hôpitaux disposent d'un lieu de culte ou d'une salle adaptée aux rites de chaque religion. Précisez vos souhaits dès le premier appel pour que l'équipe prépare l'accueil des familles dans de bonnes conditions.
Combien de temps le corps peut-il rester en chambre mortuaire ?
Il n'existe pas de durée maximale propre à la chambre mortuaire, mais la loi encadre l'organisation des obsèques. L'inhumation ou la crémation doit avoir lieu au plus tard six jours après le décès, sans compter les dimanches et les jours fériés, sauf dérogation du préfet. Le transport du corps avant mise en bière vers le domicile ou une chambre funéraire doit, lui, se faire dans les 48 heures suivant le décès, un délai porté à 72 heures si des soins de conservation ont été réalisés. Pour le reste du calendrier, l'article sur les délais légaux à respecter après un décès détaille ces règles et leurs exceptions.
En pratique, un séjour dépasse rarement cinq ou six jours. Au-delà des trois jours gratuits, chaque jour supplémentaire est facturé : il vaut mieux engager les démarches avec les pompes funèbres dès le lendemain du décès.
Le libre choix des pompes funèbres, une règle stricte
Le personnel de la chambre mortuaire n'a pas le droit d'orienter la famille vers une entreprise de pompes funèbres, ni de lui remettre une publicité. L'hôpital doit seulement mettre à disposition la liste des opérateurs funéraires habilités dans le département, affichée dans le service ou remise sur demande. Ce libre choix protège la famille d'une pression commerciale à un moment où elle est vulnérable.
Profitez-en pour comparer au moins deux devis établis selon le modèle réglementaire. Notre guide pour choisir un prestataire de pompes funèbres explique quelles lignes vérifier et comment repérer les frais superflus. Une fois l'opérateur retenu, c'est lui qui prend contact avec la chambre mortuaire pour fixer la date de fermeture du cercueil et le départ du convoi.
Quelles démarches après un décès à l'hôpital ?
La famille a trois démarches à mener rapidement : faire déclarer le décès en mairie dans les 24 heures (l'hôpital ou l'opérateur s'en charge souvent), choisir l'opérateur funéraire et vérifier l'existence d'un contrat obsèques ou de dernières volontés. Pensez aussi à récupérer auprès du service les objets de valeur et effets personnels du défunt, déposés au coffre de l'établissement lors de son séjour ou de son passage aux urgences.
Les informations pratiques, comme les horaires, le numéro de téléphone ou l'étage du service, figurent en général sur le livret d'accueil de l'hôpital et sur la page de son site internet consacrée à la chambre mortuaire.
Chambre mortuaire : coût, transfert et choix des pompes funèbres
- La chambre mortuaire est-elle payante ?
- Les trois premiers jours suivant l'admission du corps sont gratuits pour un décès survenu dans l'hôpital. Un tarif journalier s'applique ensuite.
- Peut-on transférer le défunt vers un funérarium ?
- Oui, à la demande de la famille et à ses frais, par un opérateur funéraire habilité, dans les 48 heures suivant le décès.
- L'hôpital peut-il conseiller une entreprise de pompes funèbres ?
- Non. Il remet seulement la liste des opérateurs funéraires habilités ; le choix appartient à la famille.
















